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La gestion des biens indivis : règles et bonnes pratiques

Après une succession, plusieurs héritiers deviennent souvent propriétaires ensemble d’un même bien. Bien connaître les règles de l’indivision permet d’éviter les conflits et de préserver la valeur du patrimoine.

L’essentiel à retenir

  • Un seul indivisaire peut prendre les mesures conservatoires urgentes.
  • Les actes d’administration se décident à la majorité des deux tiers des droits indivis (art. 815-3 du Code civil).
  • La vente et les actes de disposition exigent en principe l’unanimité, sauf procédures spécifiques.
  • L’indivisaire qui occupe seul le bien peut devoir une indemnité d’occupation.

Qu’est-ce que l’indivision ?

L’indivision existe lorsque plusieurs personnes détiennent des droits sur un même bien sans que leurs parts soient matériellement divisées. Chaque indivisaire possède une quote-part, avec des droits et des obligations envers les autres.

Elle est fréquente après un décès, dans l’attente du partage. Pour en sortir, consultez notre guide indivision successorale.

Les actes conservatoires

Ils visent à préserver le bien : travaux urgents, remplacement d’un équipement défectueux, protection contre un risque imminent.

Un seul indivisaire peut les accomplir ; les dépenses engagées peuvent ensuite être remboursées par l’indivision.

Les actes d’administration : majorité des deux tiers

Ils concernent la gestion courante :

  • travaux d’entretien ;
  • conclusion ou renouvellement d’un bail d’habitation ;
  • gestion locative et règlement des charges ;
  • vente de meubles indivis pour payer les dettes et charges de l’indivision.

Les indivisaires titulaires d’au moins deux tiers des droits peuvent les décider, à charge d’en informer les autres. Cette règle limite les blocages au quotidien.

Les actes de disposition

Vente d’un immeuble, constitution d’une hypothèque, bail commercial ou rural, opération modifiant durablement la propriété : ces actes exigent en principe l’unanimité.

En cas de blocage, les titulaires des deux tiers des droits peuvent demander au tribunal judiciaire d’autoriser la vente d’un bien indivis, par l’intermédiaire d’un notaire (art. 815-5-1 du Code civil).

Répartition des charges et des revenus

Chaque indivisaire contribue aux dépenses à proportion de ses droits. De même, loyers, revenus et prix de vente sont répartis selon les quotes-parts.

Tenez une comptabilité claire : elle évite les contestations au moment du partage, notamment pour les dépenses d’amélioration ou de conservation avancées par un seul héritier.

L’indemnité d’occupation

L’indivisaire qui jouit privativement du bien doit en principe une indemnité aux autres (art. 815-9). Son montant se calcule généralement à partir de la valeur locative, souvent minorée de la précarité de l’occupation, et se fixe à l’amiable ou par le juge. Elle se prescrit par cinq ans.

Le mandat de gestion

Les indivisaires peuvent désigner un mandataire, indivisaire ou tiers, pour :

  • assurer la gestion courante du bien ;
  • accomplir les démarches administratives ;
  • représenter les indivisaires dans des actes définis.

Il est recommandé lorsque les héritiers vivent loin les uns des autres ou que le bien demande une gestion régulière.

La convention d’indivision

Elle encadre les pouvoirs de gestion, la répartition des dépenses, l’usage du bien et la durée du maintien en indivision (cinq ans maximum renouvelable, ou durée indéterminée). Elle doit être écrite et, pour un immeuble, établie par notaire et publiée.

C’est un excellent outil de prévention des conflits et de sécurité juridique.

Notre conseil

L’indivision est souvent transitoire. Organisez rapidement la gestion du bien, par une convention ou un mandataire, et faites sécuriser les décisions par un notaire. Pour comparer vente, conservation ou attribution, utilisez notre parcours immobilier succession.

Questions fréquentes

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Sources officielles et points de vigilance

Ces repères généraux ne remplacent pas une analyse personnalisée. Le contrat, l’acte d’acquisition, la convention de démembrement ou le plan d’attribution, ainsi que les dates et la résidence fiscale, peuvent modifier le résultat. Faites valider votre opération par le notaire et un conseiller habilité ; aucune économie fiscale n’est garantie.