Que devient un bien immobilier après un décès ?
Le bien tombe en indivision entre les héritiers dès le décès (art. 815 du Code civil), avec le conjoint survivant selon ses droits. Quatre issues sont possibles : conserver le bien en indivision (ou via une SCI), le louer, le vendre, ou l'attribuer à un héritier ou au conjoint avec ou sans soulte. Nul n'étant contraint de rester en indivision, chaque indivisaire peut provoquer le partage à tout moment ; à défaut d'accord, le partage judiciaire est demandé au tribunal (art. 840 du Code civil).
Un héritier paie-t-il une plus-value quand il vend le bien hérité ?
Le prix d'acquisition de l'héritier est la valeur déclarée dans la déclaration de succession, majorée des frais réellement supportés. Vendre au prix déclaré ne dégage donc en principe aucune plus-value taxable. Si le prix de vente est supérieur, la plus-value est imposée à 19 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, avec abattements pour durée de détention à compter de la 6e année (art. 150 U et suivants du CGI). La vente de la résidence principale du vendeur est exonérée.
Combien coûte le droit de partage ?
Le partage d'une indivision successorale est soumis à un droit de 2,5 % de l'actif net partagé (CGI, art. 746 et 750 II) : 10 000 € pour un actif de 400 000 €. Ce droit reste dû en cas de partage avec soulte, dans la limite des droits de chacun. Si un héritier rachète la part d'un tiers hors partage (licitation au profit d'un tiers), ce sont les droits de mutation d'environ 5,80 % qui s'appliquent.
Comment se calcule la soulte en cas d'attribution à un héritier ?
La soulte est la différence entre la valeur du bien attribué et la part théorique de l'attributaire dans la succession. Pour un bien de 400 000 € et une part héritée de 100 000 €, la soulte due aux autres héritiers est de 300 000 €. Elle doit être financée (épargne, prêt, échelonnement garanti dans l'acte) et son évaluation dépend directement de la valeur retenue pour le bien.
Le conjoint survivant peut-il rester dans le logement ?
Oui. Il bénéficie d'un droit temporaire au logement d'un an, gratuit, sur la résidence principale (art. 763 du Code civil), puis, s'il est marié et le demande dans l'année, d'un droit viager d'habitation et d'usage (art. 764 du Code civil), dont la valeur s'impute sur ses droits successoraux. La résidence principale occupée bénéficie en outre d'un abattement de 20 % pour le calcul des droits (CGI, art. 764 bis).
Conserver le bien peut-il déclencher l'IFI ?
Oui. Le patrimoine immobilier reçu s'ajoute au patrimoine immobilier personnel de l'héritier. Au-delà de 1 300 000 € net taxable, l'IFI est dû, avec une décote entre 1,3 et 1,4 M€. L'usufruitier est en principe imposé sur la valeur en pleine propriété du bien (art. 968 du CGI), ce qui peut peser lourdement sur un conjoint usufruitier.
J'ai hérité d'une maison, que faire en premier ?
Commencez par établir la valeur du bien (avis d'un notaire, d'un agent immobilier ou d'un expert), sécurisez le logement (assurance habitation au nom de l'indivision, entretien, compteurs) et répertoriez tous les héritiers. Déposez ensuite la déclaration de succession dans les 6 mois du décès : c'est cette valeur déclarée qui servira de prix de revient pour la plus-value future. Tant que rien n'est décidé, le bien reste en indivision et chacun paie sa quote-part des charges.
Peut-on vendre une maison avant le règlement de la succession ?
Oui. Les héritiers acceptants peuvent vendre le bien indivis avant le partage définitif, d'un commun accord. Un acte notarié est obligatoire : le notaire établit une attestation de propriété permettant de signer l'avant-contrat. Le prix de vente est réparti entre les indivisaires selon leurs droits, et les droits de succession restent calculés sur la valeur au jour du décès.
Comment partager une maison entre héritiers ?
Trois voies principales : vendre la maison et partager le prix, attribuer le bien à l'un des héritiers qui verse une soulte aux autres, ou la conserver en indivision avec une convention d'indivision écrite. À défaut d'accord, chacun peut demander le partage judiciaire : nul ne peut être contraint de rester dans l'indivision (art. 815 du Code civil).
Comment éviter les conflits liés à une maison héritée ?
Fixez une valeur incontestable (expertise ou plusieurs avis), mettez par écrit la répartition des charges et des travaux, désignez un gérant de l'indivision et fixez un calendrier de décision. L'indivisaire qui occupe seul le bien doit une indemnité d'occupation. Si le dialogue est bloqué, un médiateur ou le notaire peut débloquer la situation avant d'envisager le partage judiciaire.
Peut-on louer un bien reçu en héritage ?
Oui. La conclusion ou le renouvellement d'un bail d'habitation exige l'accord des indivisaires représentant au moins 2/3 des droits indivis ; un bail commercial ou rural requiert l'unanimité. Les loyers sont répartis entre les indivisaires au prorata de leurs droits et imposés comme revenus fonciers (micro-foncier avec abattement de 30 % jusqu'à 15 000 € de loyers, sinon régime réel).
Un héritier peut-il garder la maison familiale ?
Oui, en demandant l'attribution préférentielle (art. 831 et s. du Code civil) ou l'accord des autres héritiers. Il reçoit le bien en pleine propriété et verse une soulte correspondant à la part des autres. Le partage est alors taxé au droit de partage de 2,5 % de l'actif net partagé, et non aux droits de mutation d'environ 5,80 % réservés à la vente à un tiers.
Que faire d'un appartement reçu en héritage ?
Les mêmes options s'appliquent qu'à une maison : vendre, conserver, louer ou attribuer. Spécificités de la copropriété : informez le syndic du décès pour la mise à jour du carnet d'entretien, et vérifiez les charges impayées et les travaux votés — ils pèsent sur la succession. Louer un appartement hérité est souvent la solution de trésorerie la plus simple pour financer les droits de succession.
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